Les récentes attaques contre Télé Pluriel et Radio Caraïbes, survenues entre le 12 et le 16 mars 2025, illustrent une violence systématique visant les médias en Haïti. Ces événements traduisent une stratégie délibérée de la coalition de gangs terroristes “Viv Ansanm” pour étouffer les voix critiques et s’assurer un contrôle absolu sur l’information. La presse, acteur incontournable de la démocratie, semble désormais payer le prix de sa détermination à dénoncer les abus.
Depuis plusieurs décennies, la presse haïtienne se heurte à une hostilité croissante. En 2000, l’assassinat du journaliste emblématique Jean Dominique a marqué un tournant dans l’intimidation des médias. En 2001, Brignol Lindor, journaliste de Radio Echo 2000, a été lynché à mort par des partisans politiques pour ses prises de position critiques, un autre exemple frappant de la brutalité à l’encontre de la presse indépendante. Plus récemment, en 2023, Radio Vision 2000 a été visée par des menaces répétées, les gangs tentant de censurer des enquêtes sur des trafics illégaux. En 2022, les locaux de Radio Caraïbes ont subi des tirs lors d’affrontements, suscitant des inquiétudes croissantes sur la sécurité des professionnels de l’information.
Ces incidents ne sont pas isolés ; ils traduisent un schéma d’intimidation continue, visant à réduire au silence les voix indépendantes. Ces violences menacent la survie d’une presse libre, particulièrement dans un contexte où elle est essentielle pour dénoncer les abus de pouvoir et la corruption.
Les attaques contre Télé Pluriel et Radio Caraïbes illustrent une stratégie coordonnée de “Viv Ansanm” pour consolider son pouvoir. En muselant les journalistes, cette coalition de gangs cherche à empêcher la diffusion d’informations sur ses activités criminelles.
Ces médias, reconnus pour leurs enquêtes approfondies sur la corruption et les abus de pouvoir, perturbent les intérêts des criminels. Télé Pluriel excelle dans le journalisme d’investigation, tandis que Radio Caraïbes, avec ses émissions phares, offre une plateforme où des sujets délicats sont abordés sans détour. En ciblant ces institutions, “Viv Ansanm” envoie un avertissement sans équivoque : quiconque analyse, enquête ou expose ses activités illégales s’expose à des représailles violentes.
L’insécurité en Haïti ne semble pas seulement due aux gangs, mais aussi à des personnes puissantes qui veulent garder le contrôle. La presse haïtienne est en train de découvrir qui se cache derrière cette violence et pourquoi elle est utilisée comme une arme politique. Si les journalistes sont réduits au silence, alors la vérité risque de disparaître. La société haïtienne doit comprendre que défendre la liberté de la presse, c’est aussi défendre son droit à l’information et à la justice.