Haïti : Quand la réalité contredit les discours


Depuis plusieurs mois, les autorités haïtiennes ne cessent de multiplier les annonces pour rassurer la population. Cette semaine encore, du 19 au 26 juillet 2025, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a présenté un nouveau centre d’appel censé renforcer la transparence administrative. En apparence, cette initiative semble positive. Cependant, lorsqu’on observe les faits sur le terrain, un tout autre tableau se dessine.


En effet, pendant que le gouvernement parle de modernisation et de dialogue avec les citoyens, des zones entières du pays sont livrées à la violence. À Kenscoff, réputée calme, plusieurs policiers ont été tués par le gang « Viv Ansanm ». Face à cela, les autorités ont lancé une opération conjointe pour riposter, mais la population, elle, continue de vivre dans la peur. De plus, dans l’Artibonite, près de 15 000 personnes ont fui leurs foyers à cause des affrontements armés. L’État, pourtant responsable de la sécurité des citoyens, reste largement silencieux et inefficace.

Par ailleurs, sur le plan politique, les tensions ne cessent de grandir. Des figures comme Pierre Espérance dénoncent l’échec du CPT devant les instances internationales, tandis que les évêques catholiques s’opposent à une réforme constitutionnelle précipitée. Autrement dit, les discours officiels n’arrivent plus à masquer la perte de confiance qui s’installe entre l’État et la société.

Ajoutons à cela une crise humanitaire grandissante. Certes, l’État a relogé quelques familles déplacées, mais sans garanties solides. Pendant ce temps, l’Université d’État récupère ses locaux, sans solution durable pour ceux qui y vivaient depuis des mois. Et comme si cela ne suffisait pas, les exportations dominicaines vers Haïti ont augmenté de 30 % cette année, un signe clair que le pays devient de plus en plus dépendant de l’extérieur, malgré la rhétorique de souveraineté.


En conclusion, cette semaine confirme une réalité inquiétante : les promesses politiques ne suffisent plus à calmer une population éprouvée par l’insécurité, la misère et le manque de perspectives. Si rien ne change en profondeur, ni dans les actions ni dans la volonté de reconstruire un vrai contrat social, Haïti risque de continuer à s’enfoncer dans une crise sans fin. Haïti a besoin d’actes courageux, pas seulement de mots. Car un peuple oublié finit toujours par réclamer justice, d’une manière ou d’une autre.